[Interview] Une conversation avec James Vincent McMorrow

[Interview] Une conversation avec James Vincent McMorrow

Crédit photo : Sarah Doyle

Il y a des artistes qu’on rencontre et on a ce sentiment que ce n’est pas un hasard. Que ce ne sera pas qu’une simple interview mais plutôt une longue conversation qui ira au delà d’une promo habituelle. Avec James Vincent McMorrow, ce fut le cas. Alors que son troisième album We Move est dans les bacs depuis début septembre, on l’a rencontré un après-midi à son hôtel pour discuter de ce nouveau projet et de son état d’esprit lors de sa création. 

Sur tes précédents albums, tu semblais être plus introverti, et là tu as voulu tenter quelque chose de différent, parle moi de ce changement.

Je pense que c’est la première fois de ma vie où je me suis dit que je peux réellement faire l’album que je souhaite. Depuis mon premier opus, tout s’est enchainé de manière naturelle. C’est également la première fois que j’ai autant d’expérience en tant qu’être humain et musicien. Faire cet album a nécessité la participation de beaucoup de monde car l’idée était de mettre les gens que je voulais sur ce disque. Même si je n’avais pas autant de budget car je ne suis pas en major. Finalement ce sont les gens qui sont venus vers moi en me proposant qu’on fasse quelque chose ensemble. Cette fois tout était possible ! Quand tu rencontres une nouvelle personne et qu’il y a une connexion, il se passe toujours quelque chose d’intéressant !

Ton nouvel album s’intitule We Move et il a été produit dans plusieurs pays, c’était important pour toi de changer ta façon de travailler ?

Oui totalement ! La création de cet album a commencé quand je voyageais lorsqu’on était en tournée. Il n’y avait rien de très sérieux au début car après la scène je me mettais à composer sans vraiment savoir comment se passera la suite. À la fois, c’était différent car je n’étais pas enfermé dans un studio, des fois j’etais assis pendant deux heures à regarder la fenêtre de mon hôtel à essayer d’écrire des chansons (rires). Je me suis dit que le fait de voyager me procure une excitation dans la création de ma musique.

Quand tu as sorti Rising Water, tu as publié un long message sur tes réseaux sociaux disant que tu avais artistiquement beaucoup muri et voulu tenter de nouvelles choses. Avais-tu peur de déstabiliser tes fans de tes débuts ?

Oui, je pense que la perspective était de dire que oui j’allais vers de nouvelles choses. Je n’ai pas peur de perdre des fans mais la raison est que je voulais qu’on sache ce que j’avais pas pu exprimé auparavant. Cet album reflecte ce qu’on pense de la vie et les gens devaient le savoir. Mais je ne voulais surtout faire croire qu’ils doivent appréhende mes nouvelles compositons. J’avais pas envie qu’on me dise  » Je t’aime bien mais tes nouvelles chansons s’éloignent de tes débuts donc j’arrête de t’écouter ! ». Mon instinct était juste que les personnes comprennent que je ne suis pas un simple musicien vivant au beau milieu de nul part non faisant de la folk en acoustique (rires) !!!

[Interview] Une conversation avec James Vincent McMorrow

 

Crédit photo : Sarah Doyle

Pour moi, cet opus est clairement d’un autre niveau. Le fait de faire des titres rythmés avec un texte plutôt triste, ça change des balades larmoyantes…(rires)

Je pense que la musique c’est comme la vie, c’est tragique mais ça peut être beau. Les musiciens restent sur leur acquis mais la vie va au delà de ça. On peut chanter quelque chose de joyeux tout en étant triste. En tant que personne je veux ressentir que le public ressent mon émotion,même si c’est une chanson triste ou pas. Le fait de voir des gens pleurer quand je suis sur scène me fait comprendre que mes textes vont au delà d’une simple balades…

Tu n’es pas ému quand tu chantes ce genre de titres sur scène ?

Haha oui, par exemple quand je fais la chanson Evil en acoustique c’est assez dur de ne pas craquer. Les dernières fois que je l’ai chanté à la radio, j’ai presque failli verser des larmes  ! Les quatres premières années de ma carrière je faisais de la musique mais je pensais également comment les gens allait réagir par rapports aux textes. Je fais de la musique pour les autres, mais je m’attendais pas à ressentir quelque chose d’aussi fort devant le public. Quand je les chante, c’est très émotionnel pour moi et je le ressens de plus en plus sur scène !

Parlons maintenant du clip de Rising water, qui est juste splendide. Comment est née cette idée ? 

Pour cette vidéo j’ai fait appel à David M. Helman. Je voulais toujours faire un clip dégageant ce type d’expressions entre deux êtres humains mais on avait jamais eu l’occasion. Mais cette fois-ci on avait le budget pour. L’idée est venue quand je lui ai parlé de l’album. Il avait un concept vraiment bien et je crois en lui. Il lui fallait juste le budget pour mettre à jour ses idées ! Les chorégraphies sont déments, la premières fois que j’ai vu la vidéo j’ai eu des frissons. J’ai pas pu être au Mexique lors du tournage mais il m’envoyait des photos et des extraits et je me disais ‘wow’ ! J’avais le ceour brisé en voyant le tout petit à petit. Au final, je suis fier de cette vidéo !

Pour toi, quelle est la chanson à retenir de cet album ?

La chanson que j’écoute le plus, je dirais Evil ! J’aime l’idée que si j’avais fait cette chanson il y 4 ans, ça aurait été plus dans un esprit gospel alors qu’on l’a entièrement produit avec des instruments électroniques. Je suis heureux d’avoir fait cet opus avec autant de gens car cette chanson a connu une vraie vie lors de sa création. En plus c’est le prochain single !

Donc bientôt une belle vidéo j’imagine  ?

Oui, mais avant il y aura la vidéo pour Get Low et je serai dedans (rires) ! Pour Evil on a une idée un peu marrante mais je garde la surprise, tu verras !

Pour finir, tu écoutes quoi en ce moment ?

Clairement, en ce moment, c’est le dernier opus de Frank Ocean qui tourne en boucle !

++ James Vincent McMorrow – We Move (Believe Recordings) // En concert à Élysée Montmartre le 18 octobre